Projet d’intégration conjoint SAFIRE/FED Un nouvel espoir pour les enfants des rues de Mère Teresa
Depuis octobre 2007, la Fondation Espoir Développement finance le projet d’encadrement d’enfants des rues lancé par l’ONG SAFIRE à Cité Mère Teresa, Triolet. Grâce à ce programme, 25 adolescents, en rupture avec la société, apprennent à reprendre goût à la vie. Zoom sur ce plan d’intégration qui offre une deuxième chance à des enfants qui n’espéraient plus rien.
Mère Teresa. Cité ouvrière démunie située à quelques centaines de mètres du centre du village de Triolet, où vivent 168 familles dans des conditions précaires. Maisonnettes en béton pour les plus chanceux, cases en tôle pour les autres.
Ici, le chômage bat son plein, les fléaux sociaux sont légion, l’échec scolaire est à son apogée. “Chaque année, la localité enregistre en moyenne 95% d’échecs aux examens du CPE”, indique le coordinateur de SAFIRE, Edley Maurer.
Résultat: la majorité des enfants se retrouvent à 12 ans exclus du circuit scolaire et livrés à eux-mêmes. Traîner dans les rues, demander la charité aux passants: c’est là leur quotidien. Dans ce quartier démuni où sévissent les pires maux sociaux, ces enfants qui ne sont soumis à aucune autorité parentale deviennent des proies faciles pour les réseaux de drogue ou de prostitution de mineurs.
Tendre la main à ces enfants, les prendre en charge à travers un programme de réhabilitation sociale. C’est l’objectif du projet d’encadrement d’enfants des rues lancé à Cité Mère Teresa par SAFIRE et financé par la FED. “Ce projet a pour but de réhabiliter l’enfant à travers des activités pédagogiques qui permettent de reconstruire sa personnalité et de lui inculquer des comportements sociaux et citoyens. C’est un travail de déstructuration et de restructuration”, déclare Edley Maurer. Ce projet s’échelonnera sur trois ans et est financé par la Fondation à hauteur de Rs 500,000 annuellement. “Je remercie de tout cœur la FED. Sans son aide financière, il nous aurait été difficile d’initier ce projet”, souligne M. Maurer.
Cela fera bientôt huit mois que le projet a démarré. Vingt-cinq adolescents en bénéficient. Parmi, Pelina, Johana, Mélanie, Lindon et Ludovic, cinq jeunes qui ont déserté les salles de classe bien avant la Standard VI, “parski nou pa ti tro kontan lekol”.
Pour ces adolescents qui avaient depuis longtemps abandonné toute illusion de trouver une place dans la société, ce projet est synonyme d’espoir: celui de trouver la lumière au bout du tunnel. “Mo byen kontan vinn dan centre. Mo aprann boukou kitsoz”, confie Mélanie, en souriant timidement. Ces jeunes se font d’ailleurs un devoir d’être présents du lundi au jeudi au centre pour suivre les différents cours de formation, qui durent deux heures. “Le but premier du programme est de reconstruire la personnalité de l’enfant, de lui redonner son identité. Pour cela, nous organisons aussi bien des activités structurées à travers des cours d’alphabétisation, d’artisanat et de sculpture, que des rencontres informelles au cours desquelles l’éducateur se plonge dans le quotidien des jeunes, en jouant au foot avec eux ou en les accompagnant lors de leurs sorties”, précise Edley Maurer.